Histoires tressées.... L'as-tu senti toi aussi le parfum de l'achillée ? Cela remonte avec l'odeur de la terre de juillet, dès que le soleil descend derrière les hêtres. Cela arrive avec les premiers moustiques, c'est comme un relâchement soudain, comme un soupir. Lentement, je quitte l'ombre ciselée et crissante. L'as-tu entendu le murmure froissé des fougères ? Je glisse là, dans les tunnels que mon passage a dessinés jour après jour. Il y a tant de chemins que vous ignorez, vous autres... tant d'histoires que vous n'entendez pas... Mais tu es venue t'asseoir sous les arbres. Tu es venue…
Lire la suiteLa cascade et le saule J'ai traversé la forêt sèche, aux silences suffoqués. As-tu vu les feuilles brunes ? Les entends-tu tomber Sur le chemin comme du papier froissé ? Ce serait beau, ces feuilles, si c'était l'automne. On est à peine au milieu de l'été. Les gens boivent à la terrasse ombragée du café. Ainsi font les hommes Tandis que les arbres lentement meurent. Et que les sources tarissent. As-tu déjà entendu le dernier souffle d'une source ? La dernière note, définitive, d'un requiem... Dans les maisons des riches et les bureaux on monte la clim, Les centrales nucléaires tournent à…
Lire la suiteLe mois de juin arrive, il est temps pour nous de quitter le monde des hommes pour retrouver la forêt enchantée où les faons viennent tout juste de naître. Voici le récit d'un des précieux instants trouvés au fond des bois.... La bonne fée Dans la forêt enchantée, aux premiers jours de juin, les faons naissent entre les cuisses veloutées des biches. Ils glissent doucement dans l'herbe grasse des clairières, mouillés et surpris. La Terre est leur berceau, la grive musicienne chante au-dessus. Et les mouches déjà ronronnent. J'attends leur venue, roulée dans l'aube frileuse, ou blottie au tronc d'un…
Lire la suite C'est le solstice d'été.Dans les herbes le soleil,nonchalant,traînecomme un pianiste égaré.On a planté la tentesous la longue et lourde branched'un vieux hêtre tortueux.Elle tremble sous le vent,vénérable vulnérable, mais résiste quandma fille aux cheveux emmêlés grimpe sur elle,s'entortille et l'enlace et se couche sur elleen l'appelant grand-mère.On les laisse,l'enfant sauvage et l'arbre sage,pour traverser la clairièreet s'allonger dans le parfum dorédes graminées.Le vent souffle sur ellessa chanson endiabléeet le resteenfinse tait.Dans la forêt les dernières perles de lumièreruissellentsur les feuilles tremblotantes des hêtresla mousse des troncs les cheveux blondsde notre enfant,ruissellent et s'évanouissentcomme un enchantement.Puis près de la tente,sous la…
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