Pour vous accompagner dans ce portail, voici un beau poème de Sandrine, qui raconte un de ces moments de connexion avec l'automne, et qui nous rappelle que, lorsque nous nous sommes éloignés du miracle de la vie, il y a toujours de minuscules gardiens autour de nous qui ne demandent qu'à nous prendre la main pour nous montrer à nouveau le chemin. Y a-t-il un nom pour ces rêves-là, dans la forêt aux matins fragiles d'automne, qui barrent le chemin ? Bruyants et fardés, venus de trop loin, ceux qui volent la chanson familière des feuilles sèches, les larmes de soleil…
Lire la suiteEn ce début du mois de mai, nous avons envie de partager avec vous une belle histoire. Nous avons tous besoin d'entendre de belles histoires car nos oreilles depuis plus d'un an en ont entendu de bien tristes, et, le monde étant ce qu'il est, il y en a certainement d'autres qui nous attendent au tournant. Alors, de temps à autre, il est utile de déguster une belle histoire, et de sentir sa chaleur douce envahir tout notre coeur comme un chocolat chaud après la neige. Et en plus, la nôtre d'histoire, c'est une histoire vraie, une de celles qui…
Lire la suite Etre photographe, c'est s'intéresser aussi au sens profond de cet art qu'on a fait sien. Savoir pourquoi on fait les choses, la plupart du temps cela aide à mieux les faire! Par certains côtés, la photographie est une forme de témoignage, une manière d'attraper un instant éphémère, d'en fixer la réalité et l'intensité. L'instant passe, mais l'image reste et parle. Elle est la gardienne de nos mémoires et de nos moments de vie. L'éclaircie qui perce la brume, les premiers sourires de notre enfant, et aussi la douleur de la guerre, ou celle d'une forêt en flammes. Mais la…
Lire la suiteJe me suis couchée là, dans les feuilles d'automne, Lovée en boule au milieu du taillis de hêtres, Je me suis couchée comme font les biches, Le sol lentement gratté, l'odeur de la terre, Cette couche vivante où des êtres microscopiques, secrètement, Recréent le monde, Au pied du vieux sorbier qui ensanglante le ciel. Je lui ai demandé de veiller sur moi - ainsi font les biches - Mais n'ai pas eu le temps d'entendre sa réponse. Je me suis laissée descendre comme une goutte de pluie Dans ce creux ourlé d'ombre Aux lèvres blondes de la clairière. Parfois J'ai…
Lire la suiteLa première heure, je la passe avec les sauterelles. Elles viennent, curieuses et légères, sur la couverture que j'ai étendue là, à la lisière de la clairière de Malatra. Elles grimpent sur mes mains. J'aime le pas des sauterelles. Ce n'est pas la caresse frissonnante et pressée des fourmis, c'est un peu plus rugueux, un peu plus saccadé, cela prend son temps, avec tout de même un brin d'appréhension. Dis-moi, as-tu déjà senti le baiser d'une sauterelle ? Ce pincement qui fait sursauter, mais qui n'est pas la douleur encore, et je bouge ma main soudain, quand elle colle sa bouche…
Lire la suiteLa cascade et le saule J'ai traversé la forêt sèche, aux silences suffoqués. As-tu vu les feuilles brunes ? Les entends-tu tomber Sur le chemin comme du papier froissé ? Ce serait beau, ces feuilles, si c'était l'automne. On est à peine au milieu de l'été. Les gens boivent à la terrasse ombragée du café. Ainsi font les hommes Tandis que les arbres lentement meurent. Et que les sources tarissent. As-tu déjà entendu le dernier souffle d'une source ? La dernière note, définitive, d'un requiem... Dans les maisons des riches et les bureaux on monte la clim, Les centrales nucléaires tournent à…
Lire la suiteFEARN, L'AULNE DE L'OGHAM Les arbres ont une âme qui parfois se montre à ceux qui prennent le temps d’écouter… Cette photo, en pose longue, a été prise dans une forêt d’aulnes en Ecosse, l’automne dernier. Un moment vraiment mystique, la rivière n’est pas loin, on l’entend chanter doucement. Et aussi le vent dans les feuilles. Avec Matt, nous marchons en silence sur le petit sentier au milieu des arbres. Non loin d’ici se trouve un cimetière qui abriterait un très ancien sanctuaire dédié à la déesse Brighid, j’avais très envie de m’y rendre, et le chemin passe par ce…
Lire la suiteLe mois de juin arrive, il est temps pour nous de quitter le monde des hommes pour retrouver la forêt enchantée où les faons viennent tout juste de naître. Voici le récit d'un des précieux instants trouvés au fond des bois.... La bonne fée Dans la forêt enchantée, aux premiers jours de juin, les faons naissent entre les cuisses veloutées des biches. Ils glissent doucement dans l'herbe grasse des clairières, mouillés et surpris. La Terre est leur berceau, la grive musicienne chante au-dessus. Et les mouches déjà ronronnent. J'attends leur venue, roulée dans l'aube frileuse, ou blottie au tronc d'un…
Lire la suiteC'est ce soir. Elle est pleine la lune, on l'attend. Elle va prendre son temps pour monter les hautes falaises de Roche Rousse, leur muraille rose fond déjà dans la nuit. Dans notre maison, j'ai coupé l’électricité, je leur ai juste dit, c'est ce soir, et nous avons joyeusement allumé les chandelles. En nous rapprochant un peu plus les uns des autres. Comme les hommes d'avant, collés autour du feu, et qui allaient au même souffle que la terre. Nos voix dansent aux flammes des bougies L'ombre au-delà, comme une bordure de velours Et le rêve déjà, s'entrouvre en murmurant,…
Lire la suiteCe matin, bien avant les hommes, tu suis le chemin silencieux, frotté de l'odeur des biches. Le frisson de la clairière par-delà les feuilles et, plus tard, la caresse du premier soleil sur l'herbe douce.Tu as appuyé ton dos contre un frêne moussu. Et tu restes assis là, dans le souffle des arbres, la vague ondulante et tiède qui glisse sur la forêt et vient lécher ton visage. Il y a du vent ce matin, il glisse sur les herbes dans un frôlement de robe longue, les branches soupirent, les hêtres s’effleurent en murmures pailletés. A travers les éclaboussures de…
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