Séjour Photo Ecosse – souvenirs

En souvenir des beaux moments passés pendant notre séjour photo Ecosse de l’année dernière, voici quelques images de nos stagiaires en train de savourer et capturer les magnifiques paysages sauvages Ecossais. Un peu trop de ciel bleu à notre goût, mais Sandrine et moi étions les seuls du séjour à s’en plaindre !

Il reste encore 2 places sur le séjour automne 2017

http://prises2vues.fr/stages-photo-nature/voyage-photo-highlands-to-islands/

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Pour plus d’images d’Ecosse:

Galerie Into the Highlands

Histoire de faon

Un faon de chevreuil et sa maman dans les herbes, une belle histoire qu’on a envie de partager. C’est notre petit cadeau du week-end 🙂

Au milieu de la forêt, il y a une petite clairière isolée, loin des chemins et bordée de longs hêtres droits, de buissons d’aubépines, d’érables champêtres et de prunelliers. J’aime la traverser le matin, quand les marguerites tendent leurs corolles blanches au frais soleil et se dressent doucement sous le vent. Ce matin encore je m’y trempe les pieds, et laisse courir mon regard sur le fouillis joyeux de lumière et de fleurs.

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Et là, caché parmi les hautes herbes, je le trouve, enroulé autour du plumetis de son pelage, avec ses grandes oreilles immobiles, son museau humide et ses longs cils recourbés. Adorable et délicat. Minuscule au milieu de la prairie, tellement minuscule ! Et vulnérable… Soudain la clairière est immense, les herbes trop fines et fragiles, les dangers trop nombreux, le monde des hommes trop proche. Je sais que je ne peux pas rester là, malgré l’envie qui me tient de me pencher sur lui et de le rassurer, de me rassurer… Il faut partir, vite, ne pas écraser la pauvre muraille d’herbe qui le protège, ne pas effrayer sa mère qui n’est pas loin, et qui bientôt viendra le nourrir. Ne pas attirer l’attention sur lui. Je fais trois photos. Dans son oeil grand ouvert, je vois le ciel bleu et pur de ce matin de juin, et toute la promesse de la vie qui l’attend peut-être… Et je passe mon chemin.

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Après lui, la forêt est plus belle encore, vibrante et tendre, mon coeur déborde de gratitude. La journée passe, je le sais là, immobile dans son écrin de verdure, bercé par la chanson des grillons, et je me surprends plusieurs fois à prier l’herbe de bien l’entourer.

En fin de journée, j’y retourne avec Matt pour un affût. Nous nous installons à bonne distance, dans les fourrés denses qui bordent la clairière, et nous attendons silencieusement. Est-il toujours là ? Sa mère viendra-t-elle ? Nous la devinons à deux reprises sous les hêtres, de l’autre côté de la prairie, mais elle ne sort pas de l’ombre. Les heures passent, le soleil descend, la cloche de l’église au loin sonne 8 heures, et je commence à me dire qu’elle attendra la nuit pour sortir voir son petit. Mais non, la voici enfin, qui avance tranquillement en arrachant des touffes d’herbe longue. Elle s’arrête parfois et tend l’oreille, puis reprend sa lente errance au milieu des graminées. Vision onirique de cette chevrette à travers les feuilles qui nous cachent et qui viennent l’auréoler de lumière.

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Le faon est là je le sais, même si on ne parvient pas à le voir. Peut-être entend-il le pas de sa mère qui crisse doucement autour de son berceau de verdure ? Peut-être a-t-il fermé les yeux, rassuré par les bruits familiers déjà de la nature qui l’entoure. C’est ainsi que je veux l’imaginer ce soir, endormi et serein, alors que sa mère cueille les longues tiges gorgées de nutriments, et que la force de vie passe ainsi d’un être à un autre.

Nous y retournerons peut-être dans quelques jours, avec l’espoir de le voir gambader dans la jolie clairière aux marguerites. Mais pour le moment il est temps de les laisser tranquilles tous les deux. Ne pas prendre le risque de les inquiéter en venant trop souvent. Ne pas marquer les lieux de cette odeur humaine qui provoque la terreur, et qui pour eux est liée au danger et à la mort. Juste les savoir là nous suffit. Si proches et si lointains à la fois. Nous revenons avec le cadeau de ces quelques images, et le bonheur d’avoir partagé ce petit morceau de leur vie. En retrouvant notre maison, avec ses murs de bois blond qui nous protègent du vent et de la pluie, notre maison si douillette et chaleureuse, cocon de lumière dorée dans la nuit, je garde au bord des lèvres ma fervente prière aux herbes de la clairière… Qu’elles poussent, longues et épaisses autour du faon caché, et se penchent sur lui comme des centaines de bonnes fées…

Stage photo flore de montagne et orchidées

Une image prise lors de notre dernier stage photo Flore de montagne et orchidées. Et un petit texte inspiré par les merveilleux moments partagés avec nos stagiaires. Des moments pleins de chaleur et d’authenticité. Merci mille fois d’être venus jusqu’à nous!

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Stage photo Flore 2017 : Le bonheur se cueille à l’ombre des chênes…

Traverser la prairie fleurie diluée de vert et de mauve, piquée de sauges sauvages et de boutons d’or. Sentir le long des jambes le frisson des longues marguerites, qui doucement courbent leurs tiges pour déposer au sol les flocons de leurs pétales. Sous le soleil qui cogne, les couleurs se brouillent en un tableau impressionniste, une peinture vivante, ondulante et sonore, toile chatoyante où glisse, de temps à autre, le vol bourdonnant d’un insecte. Il fait chaud. La prairie chante. Assis au milieu des fleurs, chacun offre son visage à la lumière du printemps…

A l’ombre de mon chêne, l’herbe est grasse et douce. L’air est frais, le soleil tremble derrière les feuilles. Je me suis couchée là, dans le parfum sucré du trèfle rouge et des graminées. Fermer les yeux à demi, en se laissant bercer par la mélodie ronronnante des grillons. Petit à petit, les uns et les autres délaissent leur boîtier, et s’abandonnent aux bras de la prairie. Chacun y trouve son chêne, son petit coin d’ombre bienfaisante. On ne parle plus. On ne cherche plus… Dans la chaleur de cette fin de journée, le temps s’est arrêté.

Il y a eu tant de beaux moments pendant ce week-end, au milieu des fleurs sauvages. La nature a versé à nos pieds des trésors, les tulipes sauvages et leurs corolles d’or délicatement soulignées de rouge, les douces jonquilles au milieu des tapis blancs de renoncules, le bleu velouté des gentianes, les incroyables orchidées, dessinées comme des bijoux, qui se laissent trouver au milieu des herbes comme des pierres précieuses. Les gouttes de rosée, au petit matin tendre. Les marches dans le parfum de la pluie. Les ciels alourdis de nuages, puis lavés de bleu limpide. Les partages et les rires. Les rêves de chacun. Nos innombrables points communs. Et cet émerveillement que nous avons regardé venir dans leurs yeux, grossir comme une marée joyeuse, et qui se déverse enfin ici, dans cet écrin coloré et sauvage bordé de falaises argentées. Ici…

Ils ne savent pas, ceux qui sont venus jusqu’ici, et qui nous remercient avec tant de chaleur au moment du départ, qu’ils nous ont fait un cadeau. Car, par delà la beauté de ces jours enchantés, ce qui est bon, c’est le bonheur des autres, que l’on cueille à l’ombre des chênes…

Séjour Photo Ecosse 2017

Les inscriptions sont ouvertes et bien avancées pour le séjour photo en Écosse à l’automne 2017, mais il reste quelques places.

Suivez nous à travers les immenses tourbières,  sous le feuillage doré des bouleaux dans les pas de majestueux cerfs. Longeons des ruisseaux à l’eau brune qui s’emballe et blanchit sur la roche noir pour former de magnifiques cascades et laissons nous emporter jusqu’aux lochs et aux plages de sable noir balayées par le vent où nous trépieds seront léchés par les vagues sous un ciel sans cesse changeant – un ciel d’Écosse!

Des Highlands sauvages à la grandiose île de Skye nous passerons une semaine dans cette nature intacte et sauvage, une semaine au goût d’éternité…

Pour plus d’informations et une petite vidéo de présentation:

http://prises2vues.fr/stages-photo-nature/voyage-photo-highlands-to-islands/

Voyage photo Islande 2

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Elle patine sur le lac gelé,
Légère, le temps passe si vite,
Pourquoi s’encombrer de craintes ?
Elle glisse sans hésiter
Et laisse couler sur le silence immense
La cascade de son rire.
De temps en temps
Elle perd l’équilibre
Ses bras dansent dans l’air et déjà
Elle retrouve son pas
Souple et confiant
Sous le ciel paisible.
Elle patine, la glace chante
sa mélodie cristalline
piquée de craquements bleus.
Le lac, sous sa lourde croûte figée,
Ondule doucement, le soir vient.
File, file ma jolie patineuse,
N’écoute pas les voix enlisées
Qui veulent prévoir,
Qui pensent savoir,
Et regardent leur vie passer.
Glisse ma fragile, ma souriante,
ma bien-aimée téméraire !
Et si je te crie de faire attention…
Ris-moi au nez !

 

voyage photo Ecosse 2016, la sélection

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Elles ont été un peu longues à arriver, ces images d’Ecosse prises lors de notre dernier voyage photo organisé là-Haut, à l’automne 2016. Il faut dire qu’avec la sortie de notre livre « Sensations », les derniers mois ont été chargés!

Une sélection qui a pris son temps, mais qui nous replonge dans les merveilleuses ambiances écossaises, les lumières irréelles et les incroyables couleurs de l’automne dans les Highlands.

Vous pouvez aller voir nos images de l’Ecosse 2016 en allant dans la galerie portfolio du moment

Une petite pensée et un grand merci aux personnes qui nous ont accompagnés sur ce séjour 2016, ont partagé ces moments avec nous, ont éclairé cette semaine de leurs regards riches, sensibles  et enthousiastes, et de leur bonne humeur!

Hâte de remettre ça en 2017!

 

Voyage photo Islande 1

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Islande, au milieu de nulle part…

Il y a d’abord la plaine immobile, saupoudrée de neige, qui s’étire à perte de vue comme un immense tableau abstrait. Arrêté là, tu n’oses pas avancer, tout est si pur, si beau. Mais il y a la courbe des montagnes au loin, comme un appel, et cet espace infini t’invite à marcher, tu n’y résistes pas…

La marche dans l’herbe qui s’enfonce sous les pieds, tapis floconneux qui accueille ton pas, c’est doux, le paysage défile lentement, et tu suis son rythme, à quoi bon se hâter. Pas de sentier, juste le désir de solitude et de sauvage. Et de silence. Un silence de naissance du monde. Comme si Dieu venait tout juste de créer cette beauté miraculeuse, et ne l’avait pas encore habillée de sons. Comme si c’était le premier jour, et que tu apportais le premier bruit, la prière discrète de ton pas qui se dilue dans l’immensité de la plaine. Tout commence ici, ton chemin est à écrire sur la terre tranquille qui te laisse tout l’espace. Tu savoures le vide en mettant un pied devant l’autre. Tu as encore du mal à y croire, mais tu es là. Sur la plaine immobile, il y a d’abord cela : le simple miracle d’être ici.

Histoire de loup

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Dans l’aube brune de ce matin d’hiver, vous vous êtes croisés. Lui venait de laisser ses rêves de la nuit, il avait les yeux encore gonflés de sommeil. Et toi… Tu étais penché sur la neige. Tu as levé la tête et l’as regardé longuement. L’or de ton regard dans le matin hésitant. Le frisson sur sa nuque. C’est bien toi. Tu restes là, à côté de la proie qui gît à tes côtés. Vas-tu prendre la fuite ? Non. Tu recules un peu puis te roules dans la neige comme un chien fou, poudre blanche mêlée d’éclairs fauves, il te regarde, incrédule. Dans le silence, son coeur qui cogne fait un bruit de tonnerre.
Dans l’aube brune de ce matin d’hiver, il a croisé un loup.

Deux heures plus tard, je suis sur le lieu qu’il m’a indiqué par SMS. Je n’ai aucun mal à trouver l’animal que tu as tué, les corbeaux sont déjà sur place. Leurs cris déchirent le vallon gris. J’avance lentement, attentive à chaque pas, cherchant tes traces, prête à recueillir l’histoire que la neige va raconter. Ce n’est pas un conte de fées peuplé de monstres sanguinaires, mais la simple et brute histoire de la vie. Je croise ta piste, très vite. Elle sort de buissons où la neige, toute tassée, est couverte de poils. Est-ce toi qui est resté tapi ici, à guetter dans l’ombre le pas léger du chevreuil ?

Je suis le chemin de ta chasse, ta foulée qui s’allonge, puis ces trois bonds dans la neige. Immenses. Ton ombre fend la nuit, il n’a même pas le temps de t’entendre arriver, tu es sur lui. Eclaboussures de poils et de neige. Seule sur la grande plaine, je me sens toute petite. Vous vous débattez, votre course de quelques mètres saute par-dessus le ruisseau. C’est là qu’il abandonne. Tu cherches sa gorge, tout est très rapide. Deux taches rouges sur le blanc immaculé. Son coeur s’est arrêté, le mien se serre.

Tu l’as traîné ensuite sur une dizaine de mètres, tu cherchais sûrement un coin plus abrité. Tes empreintes se mêlent à un étrange enchevêtrement de poils et de sang. Nous y voici. C’est une chevrette. Le cou rejeté en arrière, toute délicate. Ses pattes fines et longues sont raides, ce sont elles qui la piègent dans l’hiver enneigé. Ses intestins sont répandus tout autour. Elle n’a plus d’oeil, les corbeaux sont déjà venus. La mort n’est jamais belle. Mais elle peut avoir du sens. Ce matin, elle écrit dans la neige le caractère sacré de la vie.
Il n’y a personne pour m’observer, et même toi tu es parti depuis longtemps. Alors je plante mon regard dans son oeil vide, je laisse mes larmes monter, et je lui souhaite un bon voyage, paisible et tranquille. Si voyage il y a… Sa vie coule maintenant dans tes veines. C’est l’histoire que raconte la neige.

J’essaie de laisser de côté mes émotions et examine la carcasse. A part la tête, les pattes et les viscères, tout a été consommé. Depuis combien de jours n’avais-tu rien mangé ? Combien de kilomètres avais-tu parcourus, le ventre vide, affaibli par la faim et le froid ? Cette chevrette, c’était une mort pour une vie… Je comprends mieux tes roulades joyeuses dans la neige. A quelques mètres du cadavre, tu as déposé la panse, intacte. Je reconnais cette façon de faire, ta signature, et je frémis à l’idée que d’autres personnes la découvrent. Tu seras alors traqué sans répit par les chasseurs du coin, accusé de barbarie par les journaux, dressé en symbole du mal par une filière ovine gangrenée de mondialisation et qui cherche ailleurs la cause de ses blessures. Ennemi public numéro un, bouc émissaire de notre société qui ne sait plus reconnaître le sauvage et qui s’est perdue en chemin…

Je décide de quitter la place pour laisser les corbeaux impatients nettoyer la scène et effacer tes traces. Puis je marche dans ta piste de retour. Ta foulée est plus courte, rien ne presse maintenant, tu es repu et tu t’enfonces dans la neige fraîche. Tu vas droit à travers la plaine, jusqu’aux bosquets que tu longes. Ton chemin monte vers les sommets, loin du monde des hommes. Pas une seule fois tu ne t’arrêtes, sauf pour déposer dans la poudreuse une crotte où je reconnais des petits poils blancs. Tu avances sans te retourner, tranquille et sûr. Dans le silence de ton passage, la colline frémit doucement. Je n’entends rien d’autre que le crissement de mes bottes, et mon souffle, de plus en plus court. Te suivre encore un peu, sans attente, sans question. Te suivre malgré la pente raide, pas après pas. Me laisser guider au fil sacré de tes empreintes.

Dans l’aube brune de ce matin d’hiver, elles ont écrit une histoire. Une histoire toute simple, qui ne fait pas peur aux enfants, et que les hommes ont depuis longtemps oubliée. Une histoire qu’il me fallait raconter à mon tour. Pour que d’autres aurores te regardent passer…

 

Image prise un autre jour, dans un autre lieu, pour éviter toute reconnaissance possible 😉

 

Le Vercors, l’hiver, le vent

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Je ne sais plus où est

Le ciel, où est

La terre

Je ne sais plus

Si j’ai chaud, si je suis glacée

Et si

Sous le masque de froid

J’ai encore un visage

Je ne sais plus si c’est agréable ou non

Cette marche dans la rage de l’hiver

C’est tellement beau, depuis longtemps

Je ne sais plus où je vais

Je ne reconnais plus mes peurs, poussières éparpillées

Je ne sais plus…

Il n’y a que le vent

Qui hurle sans fin et enroule

La neige ivre

Dans sa ronde endiablée

Il n’y a

Que le battement de la lumière

Au creux du ciel disloqué

Et dans mes doigts le sang

Palpite encore peut-être

Je ne sais plus je crie

Ma joie sauvage, je danse

Dans la tempête

Aux poudres d’étoiles envolées

Je ne sais plus

Qui il faut remercier pour cela

Pour le vertige de la beauté

Pour le soleil qui siffle à travers les nuages

Et mes cheveux de givre tremblant sous le bonnet

Mais je sais

Que je fais un pas de plus

Au milieu des vagues de neige

Et que ce pas là

A le goût du miracle.