Stage photo Vercors : chercheurs de Lumières

Superbe lumières sur notre stage photo Chercheurs de Lumières

C’est toujours un bonheur de faire ce stage un peu plus physique, mais tellement magique avec la nuit sur les hauts plateaux du Vercors. Les conditions de météo n’étaient pas simple, mais les lumières ont été d’autant plus variées et nous avons vraiment pu vivre un moment fort avec une nature si présente. Bouquetins, orages, éclaircies, pleine lune, champs de trolles d’Europe et des tulipes sauvages bien tardives. Des moments de photo mais aussi de connexion avec l’essentiel pour un super groupe. Malheureusement il faut attendre l’année prochaine pour refaire le stage….

Moment de furie et lumière éphémère – les dieux se déchaînent sur le Mont Aiguille avant de l’engloutir.

 

Les bouquetins se promènent dans les champs de trolles – mélange de cornes et d’or… moments magiques

 

 

Les stagiaires aussi se promènent dans ces champs dorés sous un ciel bien chargé.

 

Pleine lune sur les hauts plateaux avec quelque brumes pour rendre l’ambiance bien mystérieuse.

Quelques moments de douceur à photographier l’emblématique tulipe australis allongés dans les fleurs et le fenouil des alpes dont le parfum nous transporte lors de nos pauses photos.

Merci encore au groupe pour les moments de partage, de complicité et de confiance.

Prochain stage photo chercheurs de lumières sur les hauts plateaux du Vercors, juin 2020.

Expo au Festival Natur’Images à Tignécourt

Matt et Sandrine au festival de Tignécourt – une tenue de Cailleach, mais un visage de Brigid pour Sandrine! Photo Jean-Philippe Beaujard

Un grand merci à toute l’équipe du Festival Natur’images à Tignécourt pour l’accueil, la convivialité et surtout pour l’occasion de présenter pour la première fois notre exposition

 

Vidéo du festival sur You tube

Cailleach  Bheur

L’Ecosse sacrée

Oeil de la Cailleach

Chaque année, nous vous faisons voyager en Ecosse lors de notre séjour Highlands to Islands, mais cette exposition a été l’occasion d’amener l’esprit de l’Ecosse en France. Merci pour les échanges, les superbes retours, votre enthousiasme pour les histoires et textes qui accompagnent nos images et pour la salle pleine à notre projection. Pour ceux qui n’ont pas pu être présents, voici un petit retour en images sur le weekend.

Notre groupe du séjour Highlands to Islands 2017 nous retrouve à Tignécourt. Merci à Jean Philippe Beaujard et à Léo Gayola pour la photo.

Cailleach  Bheur

Elle est la voilée, la sombre, la mystérieuse. Elle est vieille, aussi vieille que la terre, sa peau bleue nuit est sillonnée de rides. Chaque année elle renaît au moment où le monde se prépare à mourir, car elle préside au royaume de l’ombre. Elle inquiète et fascine les hommes. Mais ceux qui savent, ceux qui voient par-delà les rideaux de pluie, connaissent la promesse de sa lumière. Elle est la Cailleach Bheur, l’une des plus anciennes déesses celtes, celle qui a créé les innombrables montagnes d’Ecosse, et que le rêveur peut encore apercevoir, les soirs d’automne, bondir de sommet en sommet. C’est elle encore qui souffle les tempêtes, protège les animaux sauvages dans les forêts, et fait fleurir le givre sur les herbes fanées.

Elle souffle les tempêtes sur les Hebrides

Nous avons voulu que cette déesse de la nature, mère de toutes choses et protectrice des Highlands, soit notre guide sur ce voyage en images que nous vous proposons. Un voyage imaginaire et mystique, sur une terre où le sacré s’offre à chaque pas. Chaque année, peu après l’équinoxe d’automne, et juste avant la fête de Samhain, nous retournons en Ecosse pour quelques semaines, nous retrouvons la magie de la lande et la colère du ciel, nous attendons que la Cailleach Bheur revienne.

 

Retrouvailles et échanges sur notre expo

 

Cette exposition propose 21 images, 21 facettes de la Cailleach : un loch lisse comme un miroir est son oeil unique qui ouvre aux mystères du monde intérieur, un ciel de pluie est son long voile traînant sur la lande désolée, un enchevêtrement de branches dans le vent est sa chevelure folle, un rocher étrange est son corps de pierre, quand elle meurt au printemps et retourne à la terre… Les textes de Sandrine accompagnent les images et laissent l’imagination s’envoler.

Chevelure folle de la Cailleach

Nous vous souhaitons un beau voyage au coeur de la spiritualité écossaise !

 

Retrouvez toutes nos images de l’Ecosse en suivant ce lien

Partez en séjour photo avec nous en Ecosse pour vivre l’arrivée de la Cailleach à l’automne

Rêves Nomades 2018

Rêves Nomades 2018

Un séjour photo au coeur de la réserve des Hauts plateaux du Vercors.

 

Frimousse ma douce, je te retrouve aux sentiers de lumière, aux sentiers de cailloux calcaires, quand la marche lave les jours usés. La première montée est rude, ton dos chargé ne bronche pas. Même quand on laisse l’ombre des vieux hêtres, et que le soleil cogne à grands coups sur la pierre blanche, le soleil est fou aux longues journées de juillet sur les Hauts-Plateaux. Il fait sa grande lessive, mes épaules battues, il cogne, mes jambes rincées, il cogne, ma tête vide sèche dans le vent brûlant, sèche en silence, entends-tu le battement du silence ?

Frimousse ma douce, d’abord je marche derrière toi, mes yeux posés sur le velours gris de tes reins, tu donnes la mesure du temps, toc toc toc, le temps des Hauts-Plateaux, ton dos balance lentement. Et cette ligne-là juste au milieu, de cendre soufflée, je la suis sans question, la flèche brune sur ton dos, ma tête vide, toc toc toc.

Frimousse ma douce, ta queue balance, je retrouve cela aussi… l’odeur fouettée de l’herbe sèche et, dans la poussière du chemin, ton parfum d’âne, chaud et rond, un parfum où se blottir à l’abri du monde absurde. Les nuées de taons flottent à tes jambes, noirs somnambules bercés par ton pas, toc toc toc. Et parfois se posent, s’enfoncent dans la soie de ton poil, alors c’est l’orgie sanglante à la lumière de midi. Un frisson court sur ta cuisse et quelques gouttes rouges sur la blancheur éblouie du chemin. Quelques gouttes, ma gorge est serrée. Toc toc toc, tu t’en moques. La source n’est pas loin, et bientôt l’herbe grasse de la plaine de Queyrie. Et bientôt la nuit fraiche en lentes gorgées bulles d’étoiles.

Frimousse ma douce, la voici la grande plaine caressée de vent. Ton dos libéré, on monte le camp. Un âne gratte le sol et renifle la terre. Puis la joyeuse roulade, les pattes en l’air, l’ivresse de la journée finie, tu roules toi aussi quand ton tour est venu, tu roules comme un rire d’enfant, comme une vague verte d’océan, un jupon de jeune-fille au bal. Tu roules et les montagnes autour font danser leurs hanches velues.

Frimousse ma douce, on mange dans le grand tipi, avec son œil rond tout en haut, ouvert sur les nuages, on mange assis en cercle, le soleil du soir souffle des musiques cuivrées sur la toile, le repas de Vincent est bon, le corps et le cœur nourri, les hommes sont meilleurs ici, sous la sagesse du grand tipi, mes fesses posées sur ta couverture épaisse, ton odeur encore, mêlée aux épices, au vin, et à l’amitié. Dehors tu t’es couchée dans le fenouil sauvage et tu écoutes l’or de nos rires.

Frimousse, la nuit coule rivière de nacre, je te retrouve aux matins caressants, les reflets d’ambre sur ton pelage, et tes yeux lagons bruns où nagent encore des secrets d’étoiles. Je me laisse attraper à tes longs cils de lune, je me laisse emmener sans question. Mes mains massent ton dos, appuient le long de la ligne d’encre, et je ne sais plus, où s’arrêtent mes doigts, où commencent tes muscles, juste le plaisir, je te parle tout bas, la terre écoute.

 

Puis le camp démonté, on vous remet le bât, les gestes lents et précis, votre patience infinie. On marche à nouveau dans l’herbe des Plateaux, encore et encore, le fil sacré du chemin se déroule. J’ai pris ta longe, je la sens un peu rêche dans ma paume, et précieuse, mon collier de prière au parfum d’âne. Mes pieds heureux sur le sol. Ton pas rond derrière moi, enveloppé d’herbe douce, toc toc toc, ton souffle chaud dans mes mollets. Tout près de moi, Frimousse ma sœur. Ma tête vide, silence bleu immense sous le ciel. Le ciel qui est tout près. Et les anges nous regardent en remuant leurs longues oreilles poilues.

Séjour Photo Ecosse 2018

Notre séjour photo Ecosse 2018, Highlands to Islands approche et il reste encore une dernière petite place.C’est une rare occasion de se décider au dernier moment pour partager avec nous  la magie des paysages et les lumières écossaises, sans oublier l’hospitalité écossaise bien réconfortante après une journée au grand air.

Découvrir le séjour en détail en suivant ce lien

Des landes cuivrées, des lumières irréelles, des cascades qui dévalent les montagnes, s’enfuyant à travers des tourbières scintillantes pour se perdre dans une mer houleuse. Des highlands sauvages à la grandiose île de Skye, vivez et photographiez l’Ecosse avec nous.

 

Découvrir le séjour en détail en suivant ce lien

Stage photo Vercors Chercheurs de Lumière

Petit retour sur ce stage photo du mois de juin. De superbes lumières sur le Mont Aiguille, quelques belles rencontres avec des bouquetins et des marmottes qui sont venus donner vie aux paysages sauvages du Vercors. Mais surtout de beaux moments de partage et de vie avec le groupe de Chercheurs de Lumière. La nuit a été courte, mais les journées longues et riches en échanges. Merci de votre confiance.

Lever de soleil coloré après une nuit bien courte.
Les bouquetins se joignent à nous pour admirer le paysage

Pour ceux qui souhaitent avoir plus d’informations sur ce stage de deux jours au cœur de la Réserve des Hauts Plateaux du Vercors, vous pouvez trouver tout le programme ici

Voici une petite sélection de Chercheurs 2018

Dans la brume des Hauts-Plateaux

En souvenir d’un merveilleux moment partagé dans la brume…

Dans la brume des Hauts-Plateaux, je te regarde lentement renaître.

Il y a la terre bousculée de pierres blanches, ce calcaire rond qui réveille ton pas, fait chanter ton chemin. Biensûr tu ne sais pas où tu vas mais qu’importe ! Tu t’enfonces avec la légèreté de ceux qui ont tout laissé derrière eux. Des épicéas fantomatiques surgissent de la blancheur voilée, certains radieux comme des sapins de Noël, d’autres frêles et boiteux, et tu reconnais chacun d’eux. Ceux-là qui se serrent en silhouettes tendrement mêlées, ceux-là qui vont seuls, penchés sous le vent, leurs branches flottant comme une longue traîne après leur tronc tordu. Oui, tu les reconnais. Ils te sont mille fois plus familiers que ta vie.

Il y a les pelouses sèches où les blanches renoncules sont comme des étoiles éparpillées, des étoiles tremblantes, fragiles à l’infini, et tu reconnais cela aussi n’est-ce pas, leur petite tige bravement courbée et la fleur grande ouverte. Je te regarde. Il y a une larme égarée sur ta joue, une seule larme, et déjà le vent qui souffle doucement dessus. Le vent des Hauts-Plateaux. Tu retrouves la mélodie très ancienne, la mélodie d’avant. Devant toi, dans le brouillard épais, une petite fille marche en chantonnant, ou bien est-ce la flûte d’un oiseau ? Elle tient par la bride une ânesse qui avance à côté d’elle. Et c’est tellement beau l’âne solide qui va sagement à côté de l’enfant minuscule. Elle se retourne et te sourit. Et biensûr tu la reconnais.

Les heures passent, les heures longues des Hauts-Plateaux, il y a les genévriers aux griffes d’argent, qui attrapent des perles de rosée puis les laissent tomber à tes pieds. Tu marches au milieu d’eux comme une reine, tu ralentis pour mieux respirer leur parfum précieux, et tu sais que tu garderas cela, que ce sera ta lumière pour les autres nuits à venir, le parfum gris bleu des genévriers.

Tu te laisses conduire jusqu’à la grande plaine qui t’offre ses courbes fleuries, un cerf passe sans un bruit. La brume soulève un peu le bas de sa robe de soie. Tu t’arrêtes un instant. Tu regardes cette étrange route qui a été ta vie, les petits bonheurs, les petits renoncements. La légèreté perdue au fil des années, les rêves abandonnés, l’amour émietté. Tout ce silence, comme un couvercle sur ta gorge. Cette route-la, tu ne la reconnais plus. Tu la regardes. Tu ne lui en veux pas car au fond c’est elle qui t’a menée ici, tout près du battement de la terre. Mais tout de même elle n’est pas très jolie, avec ses tristes détours, avec ses ornières creusées d’ombres… Et peut-être que ton coeur se déchire un peu, un bout d’étoffe trop tendue qui s’ouvre. Qui s’ouvre et laisse entrer le vent des Hauts-Plateaux, la blancheur des fleurs, le murmure des vieux épicéas, l’insouciance des chants d’oiseaux. Et toute la lumière de ta vie nouvelle.

Tu respires un bon coup, et je te regarde quand tu tournes la tête vers le chemin à venir, tu es tellement forte même si tu ne le sais plus. Tu ajustes ton bonnet sur ta tête. Il y a ce sourire dans tes yeux. Et au bout de la brume, la petite fille qui t’attend avec son âne tranquille.

voyage photo Ecosse 2018

Et c’est reparti, avec ce voyage photo Ecosse 2018… 

Le séjour 2017 a été inoubliable, riche en beaux moments dans la nature et en partages, avec de fortes amitiés qui se sont créées là-haut, nous ne sommes pas prêts d’oublier ces instants magiques et avons hâte de repartir en 2018. Alors, on vous emmène?
 
 
Vous trouverez toutes les infos sur notre page Stages:
 
 
L’occasion aussi en allant sur cette page, de revoir la belle video tournée avec notre groupe de 2016.
Et tout bientôt la mise en ligne de la galerie Ecosse 2017, avec des lumières de rêve et d’incroyables rencontres animalières. Décidément, on ne se lassera jamais de ces Highlands où nous avons planté un petit bout de notre âme…

stage photo vautours

 

De retour de plusieurs jours dans le parc naturel des Baronnies, où nous avons pu faire les repérages de notre prochain stage photo « Danse avec les vautours ». Des instants de légèreté, guidés par le vol serein des vautours, la mélodie verte des rivières, l’or des falaises et les lumières chaudes de la fin de l’été. Des jours doux comme des bulles où il n’y a qu’à se laisser porter… en regardant glisser les vautours…

 

 

 

 

 

 

 

 

Instant précieux

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Ce matin, bien avant les hommes, tu suis le chemin silencieux, frotté de l’odeur des biches. Le frisson de la clairière par-delà les feuilles et, plus tard, la caresse du premier soleil sur l’herbe douce.

Tu as appuyé ton dos contre un frêne moussu. Et tu restes assis là, dans le souffle des arbres, la vague ondulante et tiède qui glisse sur la forêt et vient lécher ton visage. Il y a du vent ce matin, il glisse sur les herbes dans un frôlement de robe longue, les branches soupirent, les hêtres s’effleurent en murmures pailletés. A travers les éclaboussures de lumière, un petit bout de ciel parfois. Tu es assis, tes pensées vont et viennent, légères, dans la brise. Tu as le temps. Tu regardes le soleil se poser sur chaque feuille, délicatement, puis la quitter dans un souffle de papillon. Oui, chaque feuille, et tu voudrais garder chacune, celle-ci toute ronde et douce, celle-là cousue de trous en fragile dentelle. Et la fougère docilement courbée. Tu voudrais les garder toutes, comme si c’était la dernière fois. Le dernier matin… Et c’est bon de te dire cela, que rien ne sera toujours là, que demain peut-être va savoir… comme ce moustique que tu envoies valser si facilement d’un revers de ta main.

Alors tu ne perds rien de cette minute, son parfum de feuilles sèches, l’étrange velouté de son silence soudain, et jusqu’à sa douleur dans ton dos à force de rester ainsi plié sous le toit murmurant de la forêt. Tu prends tout, joyeusement.

Puis il y a ce léger tremblement du sol, étrange impression de le sentir dans ta colonne, tandis que tes muscles se raidissent et que tu te coules un peu plus le long du frêne, aux aguets. Tu n’es plus qu’attente, et tu ne sais plus si ce bruit sourd qui cogne, c’est un pas de bête ou le tambour de ton coeur… Voici deux cerfs qui avancent, tranquilles dans le soleil. Ils sont si près que tu peux entendre les nuées de mouches noires qui les suivent, et les crissements de l’herbe lavée de rosée, qu’ils arrachent et mâchent en remuant leurs oreilles. Ton corps se relâche, tu les regardes passer entre les troncs. Une seconde de plus et ils ont disparu.

Tu prends cela encore, tu cueilles le vide étrange qu’ils ont laissé après eux. Et cela aussi c’est bon. Tout aimer et ne rien retenir… Le matin finit d’éclore. Il ne reste plus que le vent du sud, tiède et doux, couché sur la clairière.