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Pourtant le lièvre…

Pourtant les violettes s’ouvrent dans la prairie mouillée. Les crocus fanent à côté, pâles et souriants. Pissenlits et plantains, un peu plus loin, dressent bravement la tête au milieu des herbes jaunies de la saison passée. Je reviens du torrent, j’ai encore la chanson de l’eau dans la tête, comme ces refrains qui s’attardent et qu’on fredonne sans même y penser.

Et cette autre musique, sombre et obstinée, le requiem d’un monde trébuché, la brûlure du monde, je n’ai même pas besoin d’écouter les informations pour la sentir, je l’ai plongée à l’onde fraîche du ruisseau, mais elle gémit encore, lancinante sous la peau.

 

Pourtant ma marche est tranquille, et la terre

Infiniment douce sous le pied.

Le soleil arrange tendrement son nid derrière les cimes d’arbres

Et se berce en frissons dorés.

Et puis

Juste là sous mon pas

Dans ce creux de prairie

Un lièvre a laissé quelques poils accrochés à l’herbe

Elle semble plus verte au mystère de son passage.

J’aime cette manière de deviner les animaux sauvages, sans les voir. Sans la crainte de les effrayer ni l’envie de les retenir. Ils ne sont plus des visions qui s’éloignent et qu’on croit avoir rêvées. Je les sens finalement plus réels et plus proches dans les poils, plumes, empreintes que je trouve, dans les coulées frottées de leurs odeurs, dans les crottes luisantes qui racontent leur repas et un peu de leur histoire. Et je peux prendre le temps de les rencontrer.

La petite touffe de poils, dans ma paume de main ouverte, est toute légère. Je la regarde longuement, la bourre blanche et cotonneuse, douce comme un duvet d’oisillon. Et les longs poils sombres, avec juste cette touche délicate d’ambre vers le haut, pas tout à fait au bout, une égratignure de soleil qui s’allume comme un enchantement.

Il s’est couché dans les plis de l’aube

Peut-être

A-t-il vu, lui aussi, le fin croissant de la lune d’hier

Elle cligne malicieusement de l’oeil

Et l’étoile du berger

Sagement assise à côté. Peut-être

Fait-il osciller, très lentement, ses longues oreilles pointées

Aux murmures infimes de la nuit.

Elles attrapent des sons que j’ignore,

Le frottement d’un insecte sur un brin d’herbe,

Le battement de la terre sous le pas du chevreuil, le gémissement

D’une feuille morte enlacée par le vent.

Le souffle des ailes de la chouette juste avant

Qu’elle fonde sur sa proie.

Si j’étais là, entendrais-tu

Mes yeux qui se ferment

Et mon cœur qui bat ?

Il s’est gratté sous les étoiles

Peut-être

Et s’est endormi ici, sans faire de manière.

Le lièvre n’a pas de maison,

Ni terrier, ni tanière, ni fissure rassurante, ni même

Le réconfort d’un autre où se blottir.

Il dort nu comme un mendiant, la terre est son berceau, et le ciel silencieux

Son unique gardien.

Il n’a que son corps pour refuge, vivant et chaud et alerte, sous les poils sombres.

Je me demande comment c’est

Cette vie de vagabond, et s’il a peur

Comme mon monde quand

Ses remparts s’écroulent

Quand ses innombrables assurances ne lui servent plus à rien

Quand il chancelle et réalise qu’il ne peut pas tout contrôler.

Je m’assois dans l’herbe mouillée

Où il s’est couché, je n’ai pas besoin de fermer les yeux

Pour sentir ce qu’est la vulnérabilité.

Elle va avec la vie, mais parfois je l’oublie.

Parfois je me cramponne à des rubans légers, à des promesses sans racines, et je voudrais

Tellement, tellement

Que quelqu’un me jure que tout ira bien.

Le chant des oiseaux ce soir est un vertige limpide

Et ne fait aucun serment.

Le soleil rabat sa capuche sur ses lèvres serrées

Puis disparaît, l’herbe a trempé mes cuisses.

Je frissonne doucement. Tout peut arriver. C’est la vie

Incertaine et sauvage.

Pourtant

Le lièvre a dormi dans la prairie.

L’Arche de Jörmungandr

L’arche de Jörmungandr

Odin convoqua Loki et, d’ un air sévère, lui dit «  tu as des enfants Loki »

Loki prit son air innocent et répondit «  Bien sûr Odin. Mon épouse, Sigyn m’a donné deux très beaux fils. J’ai beaucoup de chance »

« Pas ces enfants là », rugit Odin. « Tu as passé du temps loin d’Asgard dernièrement . Et pendant tes absences, tu as partagé le lit de la géante Angerboda. Elle t’ a donné trois enfants. Des enfants monstrueux. Je l’ai vu. »

Loki avait beau être maître dans l’art du mensonge et de la manipulation il ne pouvait pas nier ce qui avait été révélé à Odin.

Odin craignait que les trois monstrueux enfants de Loki deviennent grands et puissants et qu’ un jour ils représentent une menace pour les Dieux. Aussi, il envoya les Dieux Thor et Tyr les capturer.

Après un long et dangereux voyage vers le royaume des géants de glace, ils parvinrent à capturer les enfants qui jouaient sans protection dans la demeure d’ Angerboda.

Ayant ramené les enfants à Asgard, Thor et Tyr les présentèrent à Odin afin qu’il décide de leur sort.

Le premier enfant, une fille, nommée Hel, était bien étrange. La moité de son corps était celui d’une belle jeune fille pleine de fraîcheur, mais si on se tenait de l’autre côté, on voyait le profil terrifiant d’un cadavre. Odin décida de l’envoyer à Niflheim créer son propre royaume, Helheim, où elle régnerait sur les morts. Hel préférait la compagnie des morts, qui la regardaient avec respect, là où les vivants la regardaient avec horreur. Aussi, elle remercia Odin et partit.

Le deuxième enfant était un loup redoutable nommé Fenrir. Craignant sa force et sa puissance, les Dieux réussirent à tromper Fenrir en le convaincant de se laisser attacher par jeu avec la chaîne Gleipnir, une chaîne magique qu’aucun être ne pouvait briser. Cette trahison coûta à Tyr son bras droit, qu’il avait placé dans la gueule du loup en gage de bonne foi !

Le troisième enfant était un serpent du nom de Jörmungandr. Jörmungandr crachait du poison puissant et il ne cessait de grandir alors Odin décida de le jeter à la mer, là où il ne présenterait aucune menace pour les hommes et pour les Dieux. Aujourd’hui il est devenu tellement grand qu’il encercle tout Midgard, la terre des hommes, mais avant d’atteindre cette taille, il a laissé quelques traces de son passage.

Les eaux se déchaînent après le passage agité de Jörmungandr.

Nous ne savons pas précisément où Jörmungandr a été jeté à la mer, mais je suis certain que ce fût sur la péninsule de Snaefellsnes en Islande. Il a été relâché sur les rivages de Djupalonssandur. Pris de colère il a brisé la roche pour passer au travers laissant un trou de la taille d’un homme. Vous pourrez encore voir ce trou au-dessus des pierres à soulever avant d’arriver à la plage. La mer de Djupalonssandur est encore déchaînée après l’agitation de Jörmungandr, furieux de se retrouver dans cet océan glacial.

Le temps d’arriver jusqu’à Arnarstapi, il était déjà devenu énorme, comme en témoigne l’arche de Gatklettur avec son trou parfaitement rond, créé lorsque Jörmungandr à glissé à travers la roche de lave.

Il fit encore deux trous géants dans les falaises avant de disparaître dans la mer et des vagues jaillissent encore aujourd’hui de ces gouffres pour surprendre les promeneurs.

Si vous avez la chance de vous promener le long des côtes sud de Snaefellsnes vous pourrez voir les traces de ce passage plein de puissance et de furie. Espérons que vous ne verrez pas le serpent de Midgard lui-même !

La tête immense du serpent de Midgard.

Newsletter Janvier 2020

Le vrai miracle est de marcher sur la terre

 

En ce début d’année et de nouvelle décennie, c’est le mot miracle que nous avons envie de partager avec vous. Et cette magnifique phrase du sage Rinzaï, Lin Tchi : « Le miracle n’est pas de marcher sur l’eau ou sur le feu, le vrai miracle est de marcher sur la terre. »

L’année 2019 a vu passer de nouveaux désastres écologiques et humains, les forêts d’Amazonie et d’Australie en feu, les images bouleversantes des koalas qu’on tente de sauver, des guerres et des populations meurtries qui nous rappellent le côté obscur de l’humanité, des conflits sociaux, des montées d’extrémisme, et toujours plus de peur et de pessimisme dans nos esprits. Il n’est pas simple de garder espoir pour notre planète en ce moment, et parfois on peut se sentir accablés, impuissants, démoralisés par ce qui se passe dans le monde et chez nous.

Quand cela nous arrive, quand le désarroi prend le-dessus, nous avons une solution toute simple : nous pouvons aller marcher sur la terre. Des pas pleins d’amour et de conscience, un souffle paisible, le cœur ouvert à toutes les merveilles du chemin. Car cela est là aussi, la terre est belle encore, et notre présence ici est un miracle. Il ne s’agit pas d’oublier ou de nier ce qui ne va pas, ce qui a été détruit et définitivement perdu par bêtise et inconscience, et les périls qui nous menacent. Juste regarder et chérir ce qui reste, en prendre soin, car c’est cette lumière-là qui nous donne le courage de changer les choses, d’y croire encore. Croire au miracle.

Croire que les hommes et les gouvernements vont s’éveiller et qu’un avenir radieux est possible pour notre planète, pour notre humanité.

 

Et tout commence par ce pas que nous faisons. Un pas solide et éclairé. Notre pas à nous. Quand on se met en chemin sans plus se soucier de savoir si les autres vont suivre. Quand on décide de poser des actes concrets pour la terre, que ce soit en changeant nos modes de consommation, en faisant davantage attention à nos déchets, en nous engageant dans des actions pour aider les autres, en essayant d’apporter de la bienveillance et de la joie autour de nous, en partageant ce que nous avons déjà appris. En cultivant la paix, l’amour, la joie en nous, au lieu d’attendre que cela tombe du ciel.

Un pas puissant. Car nous avons du pouvoir, un pouvoir immense, pour faire de ce monde un espace où il fait bon vivre. Chacun de nous porte en lui ce miracle. Il suffit d’y croire, il suffit d’essayer. C’est en nous que cela commence.

Le vrai miracle est de marcher sur la Terre. De nous souvenir qu’elle est vivante, précieuse, féconde. Que notre vie est un incroyable cadeau. Nous pouvons honorer ce temps qui nous est donné ici et choisir une vie riche, pleine de sens et de compréhension. Choisir la gratitude. Choisir la lumière.

Nous qui sommes photographes, nous savons à quel point le regard que nous portons sur le monde lui donne sa couleur, sa saveur, sa beauté. Nous savons aussi qu’on a vite fait de dériver vers un rapport de consommateur avec la nature, où l’on prend sans donner en retour. Il suffit que nous regardions profondément la nature pour sentir qu’elle nous regarde aussi. Il suffit d’écouter. La clé est dans cet échange, ce lien, cette conscience que nous ne sommes pas séparés de la Terre. Nous vous invitons à sortir à sa rencontre, aujourd’hui, dans les jours qui viennent. A marcher sur la Terre. Marcher vraiment, avec vos pieds et votre cœur, pas avec votre tête 😉 A voir l’extraordinaire richesse de la nature, à sentir que vous faites partie d’elle, comme une goutte d’eau fait partie de la rivière, comme une feuille fait partie d’un arbre. A vivre ce miracle-là. Qui est en effet bien plus puissant que celui de marcher sur le feu ou sur l’eau. Et peut-être aurez-vous envie de demander à la planète ce que vous pouvez faire pour elle. Et peut-être, aussi, sentirez-vous sur le chemin que vous n’êtes pas seuls à marcher. Que d’autres vont à côté, avec la même foi, le même amour, le même sourire. Soyez certains que nous serons de ceux-là.

Pour que chacun de nos pas sur terre puisse être un acte de guérison. Pour qu’ensemble nous puissions accomplir des miracles !

Voyage photo Islande

Un retour en mots et en images sur notre dernier voyage en Islande… Nous partageons avec vous un extrait inédit du récit poétique de Sandrine, « Lisières », et, en bas de page, nos dernières images de ce pays étrange et sauvage qui nous fait naviguer aux frontières du réel… Prochain départ avec un groupe en mars 2020!

 

LISIERES, marche islandaise entre les mondes (extrait)

Mon amour, on vivrait ici, oubliés dans les longs mois d’hiver. Les jours avanceraient en lents cortèges de vieillards blancs sur la terre désolée, la terre radieuse, la terre sauvage qui parle au-delà du temps. Tout serait très ancien, un monde bruissant d’histoires venues de loin, de dessous les grandes plaines torturées. Tout serait frais, figé dans une naissance éternelle. Et le ciel au-dessus, plissé, tordu, fendu de lueurs comme des cris, le ciel n’en finirait pas de raconter. On ne comprendrait pas tout mon amour, c’est une si vieille langue celle de la Terre. Mais on écouterait, sans fin. Notre pas grand ouvert. Et on laisserait la lumière entrer dans nos yeux.

On marcherait. Encore et encore. On traverserait les jours gris, les jours d’or, les jours blessés, les déserts de lave, les prairies de lune soufflée. Parfois sur tes genoux, tu déplierais une carte usée par le vent et la pluie, ton doigt suivrait les lignes et les courbes, et tu dirais qu’il est fou de vouloir emprisonner sur du papier les montagnes d’ici. Tu murmurerais les noms étranges des lieux, enroulés à ta bouche comme des incantations, mystérieux comme les vertes aurores. J’écouterais leur musique, je me laisserais emmener au navire de tes mots. Emmène-moi, emmène-moi à la lisère des mondes…

 

 

Nouvelle galerie d’images: « Troubles »

Nous avons le plaisir de partager avec vous cette toute nouvelle galerie d’images, où la poésie, la sensibilité, l’imaginaire, sont à l’honneur. Des images troubles et troublantes parfois, qui nous emportent par-delà les rivages de la réalité, pour mieux rencontrer l’âme des paysages, des arbres, de l’océan, et se rappeler que la Terre est vivante… Oubliez les chaînes de vos repères et laissez-vous emporter…

http://prises2vues.fr/galeries-photo-nature/troubles/

Séjour Photo Ecosse 2018

Un petit retour sur notre séjour Photo en Ecosse à l’automne 2018.

Comme à chaque automne nous nous retrouvions en Ecosse à l’automne dernier à guider un fabuleux groupe à travers ces mystérieuses ambiances, ces paysages scintillants entre les gouttes de la dernière averse et les rayons de soleil de l’éclaircie suivante.  Chaque année nous arpentons ces terres au moment du nouvel an celtique, au moment de Samhain. C’est une période pleine de magie, inspirante, tissée d’ombre et de lumière, une période où il est bon d’être en Ecosse…

Sigrid contemple la beauté surréelle de ce double arc en ciel – des lumières typiquement écossaises que nous retrouvons chaque année à cette période magique.

Ann Marie avance sous un ciel tourmenté sur fond du Old Man of Stoer. A cette saison de ciels bousculés et de lumières changeantes, la Cailleach ramène l’hiver pour reprendre possession de ses terres cédées à Brigit pour la moitié claire de l’année. C’est une transition qui nous offre des ambiances fabulueuses.

 

L’ongle de la Cailleach perce les nuages et griffe lentement the Sound of Ramsay sous notre regard subjugué. Un moment fort du voyage: après une belle marche avec des vues à couper le souffle, nous prenons un temps pour nous poser et nous relier aux lieux et à l’âme des terres écossaises, grâce à un petit rituel proposé par Sandrine. Au milieu de l’immense tourbière dorée, toute baignée de silence recueilli, nous nous tournons vers la mer au loin et la lumière nous est offerte comme un miracle!

 

Samhain, Oh ma saison de nuit, de mystère, de sauvages silences… Octobre s’évanouit dans un râle, et je retrouve la lande âpre et les sentiers boueux. J’ai laissé mes fardeaux derrière moi et je marche d’un pas heureux sous le ciel gris, les paysages glissent, les falaises surgissent et disparaissent. Le monde passe. La chanson des cascades. Le frisson sur la peau mouillée. Les rideaux de pluie lentement descendus sur les tourbières. La pluie ici n’est jamais triste et morne. Toujours elle est soufflée d’espérance, ourlée de lumière. Comme la Cailleach qui rit à l’ombre de ses voiles. Elle court et déjà s’évanouit, dans un murmure de robe de soie.

Sandrine Booth

 

Soirées studieuses dans notre chaleureux hôtel. Là c’est à Matt de proposer des rituels ( de dégustation). Slàinte Mhath! Comme on dit en Ecosse

On se sent tout petit sous ce ciel plombé – les ambiances de Glencoe, scène du tristement célèbre massacre des MacDonalds. 

 

Sandrine et Muriel savourent un temps bien Ecossais – pas d’inquiétude, avec les petits déjeuners que nous avons mangé, elle ne risquent pas de s’envoler!

 

Yann reçoit une visite surprenante d’un cerf bien curieux!

 

des Etres du Sidhe? En tout cas il y a quelque chose de féerique ici

 

Merci pour les moments de magie partagés, et merci d’avoir su savourer tout ce que ce voyage avait à vous offrir. 

A tout bientôt en Ecosse? 

Sandrine et Matt

Revivez notre séjour en images dans la galerie ci dessous

 

Retrouvez notre séjour de Samhain dans les Highlands et Islands d’Ecosse ici

Expo au Festival Natur’Images à Tignécourt

Matt et Sandrine au festival de Tignécourt – une tenue de Cailleach, mais un visage de Brigid pour Sandrine! Photo Jean-Philippe Beaujard

Un grand merci à toute l’équipe du Festival Natur’images à Tignécourt pour l’accueil, la convivialité et surtout pour l’occasion de présenter pour la première fois notre exposition

 

Vidéo du festival sur You tube

Cailleach  Bheur

L’Ecosse sacrée

Oeil de la Cailleach

Chaque année, nous vous faisons voyager en Ecosse lors de notre séjour Highlands to Islands, mais cette exposition a été l’occasion d’amener l’esprit de l’Ecosse en France. Merci pour les échanges, les superbes retours, votre enthousiasme pour les histoires et textes qui accompagnent nos images et pour la salle pleine à notre projection. Pour ceux qui n’ont pas pu être présents, voici un petit retour en images sur le weekend.

Notre groupe du séjour Highlands to Islands 2017 nous retrouve à Tignécourt. Merci à Jean Philippe Beaujard et à Léo Gayola pour la photo.

Cailleach  Bheur

Elle est la voilée, la sombre, la mystérieuse. Elle est vieille, aussi vieille que la terre, sa peau bleue nuit est sillonnée de rides. Chaque année elle renaît au moment où le monde se prépare à mourir, car elle préside au royaume de l’ombre. Elle inquiète et fascine les hommes. Mais ceux qui savent, ceux qui voient par-delà les rideaux de pluie, connaissent la promesse de sa lumière. Elle est la Cailleach Bheur, l’une des plus anciennes déesses celtes, celle qui a créé les innombrables montagnes d’Ecosse, et que le rêveur peut encore apercevoir, les soirs d’automne, bondir de sommet en sommet. C’est elle encore qui souffle les tempêtes, protège les animaux sauvages dans les forêts, et fait fleurir le givre sur les herbes fanées.

Elle souffle les tempêtes sur les Hebrides

Nous avons voulu que cette déesse de la nature, mère de toutes choses et protectrice des Highlands, soit notre guide sur ce voyage en images que nous vous proposons. Un voyage imaginaire et mystique, sur une terre où le sacré s’offre à chaque pas. Chaque année, peu après l’équinoxe d’automne, et juste avant la fête de Samhain, nous retournons en Ecosse pour quelques semaines, nous retrouvons la magie de la lande et la colère du ciel, nous attendons que la Cailleach Bheur revienne.

 

Retrouvailles et échanges sur notre expo

 

Cette exposition propose 21 images, 21 facettes de la Cailleach : un loch lisse comme un miroir est son oeil unique qui ouvre aux mystères du monde intérieur, un ciel de pluie est son long voile traînant sur la lande désolée, un enchevêtrement de branches dans le vent est sa chevelure folle, un rocher étrange est son corps de pierre, quand elle meurt au printemps et retourne à la terre… Les textes de Sandrine accompagnent les images et laissent l’imagination s’envoler.

Chevelure folle de la Cailleach

Nous vous souhaitons un beau voyage au coeur de la spiritualité écossaise !

 

Retrouvez toutes nos images de l’Ecosse en suivant ce lien

Partez en séjour photo avec nous en Ecosse pour vivre l’arrivée de la Cailleach à l’automne

Rêves Nomades 2018

Rêves Nomades 2018

Un séjour photo au coeur de la réserve des Hauts plateaux du Vercors.

 

Frimousse ma douce, je te retrouve aux sentiers de lumière, aux sentiers de cailloux calcaires, quand la marche lave les jours usés. La première montée est rude, ton dos chargé ne bronche pas. Même quand on laisse l’ombre des vieux hêtres, et que le soleil cogne à grands coups sur la pierre blanche, le soleil est fou aux longues journées de juillet sur les Hauts-Plateaux. Il fait sa grande lessive, mes épaules battues, il cogne, mes jambes rincées, il cogne, ma tête vide sèche dans le vent brûlant, sèche en silence, entends-tu le battement du silence ?

Frimousse ma douce, d’abord je marche derrière toi, mes yeux posés sur le velours gris de tes reins, tu donnes la mesure du temps, toc toc toc, le temps des Hauts-Plateaux, ton dos balance lentement. Et cette ligne-là juste au milieu, de cendre soufflée, je la suis sans question, la flèche brune sur ton dos, ma tête vide, toc toc toc.

Frimousse ma douce, ta queue balance, je retrouve cela aussi… l’odeur fouettée de l’herbe sèche et, dans la poussière du chemin, ton parfum d’âne, chaud et rond, un parfum où se blottir à l’abri du monde absurde. Les nuées de taons flottent à tes jambes, noirs somnambules bercés par ton pas, toc toc toc. Et parfois se posent, s’enfoncent dans la soie de ton poil, alors c’est l’orgie sanglante à la lumière de midi. Un frisson court sur ta cuisse et quelques gouttes rouges sur la blancheur éblouie du chemin. Quelques gouttes, ma gorge est serrée. Toc toc toc, tu t’en moques. La source n’est pas loin, et bientôt l’herbe grasse de la plaine de Queyrie. Et bientôt la nuit fraiche en lentes gorgées bulles d’étoiles.

Frimousse ma douce, la voici la grande plaine caressée de vent. Ton dos libéré, on monte le camp. Un âne gratte le sol et renifle la terre. Puis la joyeuse roulade, les pattes en l’air, l’ivresse de la journée finie, tu roules toi aussi quand ton tour est venu, tu roules comme un rire d’enfant, comme une vague verte d’océan, un jupon de jeune-fille au bal. Tu roules et les montagnes autour font danser leurs hanches velues.

Frimousse ma douce, on mange dans le grand tipi, avec son œil rond tout en haut, ouvert sur les nuages, on mange assis en cercle, le soleil du soir souffle des musiques cuivrées sur la toile, le repas de Vincent est bon, le corps et le cœur nourri, les hommes sont meilleurs ici, sous la sagesse du grand tipi, mes fesses posées sur ta couverture épaisse, ton odeur encore, mêlée aux épices, au vin, et à l’amitié. Dehors tu t’es couchée dans le fenouil sauvage et tu écoutes l’or de nos rires.

Frimousse, la nuit coule rivière de nacre, je te retrouve aux matins caressants, les reflets d’ambre sur ton pelage, et tes yeux lagons bruns où nagent encore des secrets d’étoiles. Je me laisse attraper à tes longs cils de lune, je me laisse emmener sans question. Mes mains massent ton dos, appuient le long de la ligne d’encre, et je ne sais plus, où s’arrêtent mes doigts, où commencent tes muscles, juste le plaisir, je te parle tout bas, la terre écoute.

 

Puis le camp démonté, on vous remet le bât, les gestes lents et précis, votre patience infinie. On marche à nouveau dans l’herbe des Plateaux, encore et encore, le fil sacré du chemin se déroule. J’ai pris ta longe, je la sens un peu rêche dans ma paume, et précieuse, mon collier de prière au parfum d’âne. Mes pieds heureux sur le sol. Ton pas rond derrière moi, enveloppé d’herbe douce, toc toc toc, ton souffle chaud dans mes mollets. Tout près de moi, Frimousse ma sœur. Ma tête vide, silence bleu immense sous le ciel. Le ciel qui est tout près. Et les anges nous regardent en remuant leurs longues oreilles poilues.

Séjour Photo Ecosse 2018

Notre séjour photo Ecosse 2018, Highlands to Islands approche et il reste encore une dernière petite place.C’est une rare occasion de se décider au dernier moment pour partager avec nous  la magie des paysages et les lumières écossaises, sans oublier l’hospitalité écossaise bien réconfortante après une journée au grand air.

Découvrir le séjour en détail en suivant ce lien

Des landes cuivrées, des lumières irréelles, des cascades qui dévalent les montagnes, s’enfuyant à travers des tourbières scintillantes pour se perdre dans une mer houleuse. Des highlands sauvages à la grandiose île de Skye, vivez et photographiez l’Ecosse avec nous.

 

Découvrir le séjour en détail en suivant ce lien

Stage photo Vercors Chercheurs de Lumière

Petit retour sur ce stage photo du mois de juin. De superbes lumières sur le Mont Aiguille, quelques belles rencontres avec des bouquetins et des marmottes qui sont venus donner vie aux paysages sauvages du Vercors. Mais surtout de beaux moments de partage et de vie avec le groupe de Chercheurs de Lumière. La nuit a été courte, mais les journées longues et riches en échanges. Merci de votre confiance.

Lever de soleil coloré après une nuit bien courte.
Les bouquetins se joignent à nous pour admirer le paysage

Pour ceux qui souhaitent avoir plus d’informations sur ce stage de deux jours au cœur de la Réserve des Hauts Plateaux du Vercors, vous pouvez trouver tout le programme ici

Voici une petite sélection de Chercheurs 2018